Dimanche 20 novembre 2011
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10:45
Mon âme brûle devant l'immense oubli qui m'a retenu.
Mon âme brûle parce que l'eau qui assouvit la soif n'y est plus, les mares qui
l'ont contenue sont englouties.
Mon âme brûle d'envie et de nostalgie de toute la vie qui m'a
trahie.
Mon âme brûle parce que le bonheur qui l'a soutenu a
disparu.
Mon âme brûle parce que toutes les directions sont
confondues.
Mon âme brûle de ne pas dire tout ce qu'il y a à dire.
Mon âme brûle devant le Ténéré qui défile comme un fil sans
soutien.
Mon âme brûle parce que toute la tribu se disloque comme l'horizon qui s'ouvre
sur un monde à peine en vue.
Mon âme brûle parce que toutes les valeurs humaines ne tiennent
plus.
Mon âme brûle pour trouver l'escalier qui monte droit vers les
cieux.
Mon âme brûle parce qu'elle se souvient des jours meilleurs perdus. Il fait
nuit dans mon âme, en cherchant la lumière au bout du tunnel sans fond, le cri de l'âme de toute une tribu qui lutte contre la misère et l'oubli devant les portes de l'infini.
Mon âme brûle parce qu'elle se souvient des jours meilleurs perdus. Il fait
nuit dans mon âme, en cherchant la lumière au bout du tunnel sans fond, le cri de l'âme de toute une tribu qui lutte contre la misère et l'oubli devant les portes de l'infini.
Mon âme gémit à l'approche de l'ennemi qui coupe toutes frontières du pays qui
ont bercé la transhumance des nomades, des plaines aux dunes enchantées, moi, petite entité, j'ai cheminé comme égaré d'une planète à l'autre toutes consumées. Ô Dieu des âmes perdues par les
tempêtes folles de vie, admire l'effort fourni par ces hommes et ces femmes qui luttent pour la survie, l'âme et l'esprit se disputent pour ne pas tomber dans le chaos de
l'oubli.
Souéloum
Diagho
Par Adouma Alghoubas
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Samedi 12 novembre 2011
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00:28
Peut-être serez-vous déçu si je vous dis qui je suis.
Je suis un targui en manque d'habits qui lui donnent son allure. Mon 'tagoulmousté', je l'ai perdu le
jour de la bataille de la survie. Mon pantalon j'en ai fait des sacs à provision, on l'appelait
'indjalagané' Mon grand boubou, j'en ai fait une tente comme abri.
C'était le 'tekatkaté' de ma vie. Ne souriez pas mes amis, ça peut arriver ici.
J'ai entendu parler des indiens d'Amérique, des pygmées de l'Amazonie et ici les hommes du voyage
qui sont traqués comme des souris : savez-vous qu'ils ont tous du sang qui coule dans leurs veines et
un cour qui palpite dans leur cage thoracique ?
Le temps est fini où le targui était fier de son allure : un beau chameau blanc avec tous ses bagages,
son sabre et son javelot mérité.
Maintenant il est devenu un 'achamauré', le chômeur ou un 'échekér'.
Corde usée à la portée de tous : il ne rêve plus de la princesse assise sous le palmier dans l'attente de
son amour, ni de la bataille de bravoure sous les éloges de tous.
Le beau temps d'hier est fini, mais on peut toujours espérer qu'il reviendra un jour.
La vie sans espoir est comme l'amour sans projet d'avenir.
Par adouma Alghoubas
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Lundi 15 août 2011
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20:30
"Et dans le désert de mon coeur,
qui agrandit le désert du sable,
le silence ajoute un voile à mon voile,
avec ses mains d'air et de sable.
Le silence ajoute un cri à tous les cris,
avec sa bouche d'air et de sable.
Le silence ajoute une image à toutes les images,
avec
ses yeux d'air et de sable.
Et sous mes deux voiles, je vis deux fois, pour t'entendre et pour te voir, ô Dassine,
toi que je ne voulais plus nommer, et que je nomme sans cesse
à chaque battement de mon coeur."
- Poème recueilli au campement des Khel Ahaggar -
"NE TE LASSE PAS DE CRIER TA JOIE D'ETRE EN VIE
ET TU N'ENTENDRAS PLUS D'AUTRES CRIS"
"FAIS DE TA PLAINTE UN CHANT D'AMOUR
POUR NE PLUS SAVOIR QUE TU SOUFFRES"
"Dans un ciel désert, même
les chacals ne peuvent survivre;
on y
trouve que les addax et les fennecs
:
ces animaux crées par Dieu
pour rappeler à l'homme ses propres limites"
SIDATIAG SCHEIK
"AU BOUT DE LA PATIENCE IL Y A LE CIEL"
Proverbe du
Tassili N'Ajjer
"Il faut avoir vécu la lente méditation
que rythme le pas muet et somnolent d'un dromadaire
à travers la mort blanche des sables
pour comprendre vraiment ce qui sera arraché à
l'homme,
avec la disparition du dernier nomade.
Faut-il qu'un peuple disparaisse
pour savoir qu'il existe ?"
Mano Dayak
Par adouma alghoubas
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